Come with me… au Bénin #3

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Je me plains… des mouches qui s’efforcent de passer juste à côté de mes oreilles dès que je passe dans le potager… des vagues de l’océan, qui ne me permettent pas de nager comme bon me semble sans risque de noyade… des moustiques sans égard qui me bouffent et me rebouffent quelques soit le temps, l’heure et mon occupation… de ces fourmis qui nous snobent au-dessus de l’évier, sur mon pain, sur tout ce qui leur paraît comestible et à leur portée… de cette chaleur incessante malgré une saison hivernale… de ces fichues climatisation dans les voitures et restaurants, qui me rendent malade et qui me donne la voix rauque… de cette moustiquaire qui une fois durement bordée doit être aussitôt défaite puisque l’eau de survie nocturne a été oubliée ou qu’une bestiole s’est faufilé à l’intérieur… de ces pluies en pleine saison sèche, qui donnent le loisir aux serpents de sortir de leur cachette… de ce filet de transpiration qui me recouvre le corps, à tout moment du jour ou de la nuit, peu importe les douches froides prises… de ces négociations incessantes pour des bouchées de pain… de ces banques qui ne me refilent jamais mon argent… de cette monnaie toujours nécessaire mais qu’il est impossible d’avoir… de ces « Yovo (« celui qui vient de la mer » = étranger), Yovo, bonsoir ! » incessants qui me rappelle que je suis étrangère, malgré les semaines passées à me promener dans le village… de cette nécessité de toujours devoir préciser « sans piment ! » ou « ce n’est pas trop épicé j’espère ? » lors des repas en dehors du Centre… de cette lenteur béninoise lors de réalisations de toutes tâches, jusqu’à attendre plusieurs heures avant de recevoir un plat… de la violence béninoise, envers eux-mêmes, entre enfants… d’être considérée comme un portefeuille du seul fait d’être occidentale…

Je me plais… à rencontrer et échanger avec les locaux… à ne pas toujours comprendre leur langue (le fon) mais essayer d’apprendre quelques mots… à être blanche, Yovo, parmi une population noire ; à être différente et à attiser la curiosité… à surprendre le sourire béninois à l’instant où je leur souhaite le bonsoir… à voir l’évolution des enfants de l’école du Centre, à observer leur changement de comportement à force de vivre auprès d’eux, leurs sourires, leurs rires, même timides… à dire « bonsoir » dès midi comme il en est de coutume, et de ne plus faire fi d’une luminosité incertaine en fin de journée… à photographier la lune et le soleil, dissimulés derrière les palmiers, les bananiers, les cocotiers… à lire une biographie d’un africain et d’en comprendre sa culture au cœur même de l’Afrique… à me baigner dans des eaux plus ou moins calmes, pas forcément faciles à dénicher mais tellement rafraichissantes… à (re)découvrir une nourriture saine, sans aucun préjugés, pour repartir avec une alimentation nouvelle et meilleure… à être demandée en mariage suite à 10 minutes de conversation avec un béninois, pour la simple raison que je suis blanche… à observer geckos et margouillats à longueur de journée, sur les murs et à l’intérieur de la maison… à constater une grande harmonie entre religions au sein d’un même pays… à profiter de la sieste et de la pause entre midi et 15h… à me sentir libre sur ce zem (taxi-moto), prêt à m’emmener partout, sans contraintes légales et sécuritaires… à vivre à une temporalité béninoise, laissant le temps d’avoir des journées complètes et remplies, sans pour autant trouver les journées longues, tandis que les semaines passent à une vitesse impressionnante… à profiter de chaque instant, de chaque chose, en effectuant une tâche après l’autre… à observer pendant des heures un paysage paradisiaque, même après une nuit parfaitement blanche… à écrire sur ce qui me plais et le déplais au Bénin.

Come with me… au Bénin #2

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Et voilà, je suis au Bénin. A Agonsoudja plus précisément, petit village au sud du pays, à environ une heure à l’ouest de Cotonou, capitale économique. Est-ce que je réalise vraiment ? Je ne le saurai probablement jamais, à part peut-être quand je serai de retour en France… ? Bizarrement, je ne crois pas vivre ce qu’on appelle le « choc culturel ». Généralement, lorsque nous allons dans un pays étranger – qui plus est totalement différent culturellement – nous passons par trois étapes :

  1. Dans un premier temps tout nous émerveille, tout semble ‘magique’ et incroyable – bien mieux que chez nous… Ne dit-on pas que l’herbe est toujours plus verte ailleurs?
  2. La seconde étape nous fait généralement retrouver les pieds sur terre : l’énervement face aux pratiques et à l’environnement, la culture, différentes de celles que nous connaissons nous agace. Il y a une sorte de frustration qui se créé face à ce changement que nous vivons.
  3. Enfin, deux voix s’ouvrent à nous : soit nous faisons avec ces différences, nous parvenons à relativiser et à prendre le rythme qui nous est demandé. Soit à l’inverse nous ne supportons pas ces changements et ce choc culturel, alors il ne nous reste plus qu’à rentrer chez nous et à subir.

Globalement (et très brièvement), voilà en quoi consiste le choc culturel. Mais voilà… Comme j’aime faire les choses comme les autres, je n’ai pas le sentiment de passer par cette première étape de fascination, ni même à la seconde car je n’éprouve pas de rejet de cette culture si différente de celle que je connais et côtoie chaque jour. C’est un sentiment particulier et dérangeant car il pourrait donner l’impression que je n’éprouve aucun intérêt pour ce pays ni même pour l’expérience que je vais vivre pendant deux mois, et pourtant ce n’est pas le cas. Je n’ai aucun regret d’avoir passé ce cap, d’avoir repoussé mes limites. Je suis contente d’être dans ce petit village où la population est très accueillante et chaleureuse (sans mauvais jeu de mots au vu des températures ‘hivernales’ tournant autour des 30°C à chaque moment de la journée…). Les sourires et les rires des enfants que j’ai pu croiser et avec qui j’ai pu jouer sont tout bonnement incroyables et me confortent dans l’idée qu’être ici m’est essentiel. La simplicité des personnes qui m’entourent m’apprend à vivre aussi simplement. Etonnamment le niveau de vie qui m’est imposé (encore qu’il n’est pas aussi déplorable que ce que l’on pourrait croire, je suis vraiment très bien lotie !) ne me dérange en rien. Là où j’aurai été probablement frustrée et énervée d’avoir une coupure d’électricité ou de ne pouvoir me laver autrement que dans une bassine, ici ces conditions m’apparaissent comme logiques et simples. Je ne pensais pas avoir une tolérance aussi grande en pensant à ce changement de vie plutôt radical, et pourtant…

L’acclimatation au pays (son climat, sa culture) se fait plutôt bien, tranquillement. Cependant pour que l’expérience en vaille vraiment la peine, je sens que je dois me dépasser un peu plus et sortir davantage de ma zone de confort, prendre de l’autonomie. Une semaine ici est peut-être un peu juste, mais c’est un objectif que je me lance sans quoi j’aurai la sensation de ne pas avoir vécu la chose à 100%.

Oh ! Peut-être êtes-vous intéressés de savoir ce que je fais ici ? A part toutes les raisons qui m’ont poussé à me lancer bien sûr… Eh bien le Centre Damien de Molokaï, où je me trouve actuellement, vient d’ouvrir une bibliothèque jeunesse. Et comme le métier de bibliothécaire est l’une de mes passions…. Je vais pouvoir aider le Centre à développer cette bibliothèque durant mon séjour. Bon… Promis la prochaine je vous parle plus en détails de l’incroyable projet de ce Centre, de ses objectifs et de tout ce dont il est constitué !

A plus…

Come with me… au Bénin #1

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Et voilà, je suis à Paris et dans moins de 24 heures, je serai au Bénin. Rien que ça. Après tout, je ne serai pas la première à fouler le sol africain, afin de braver ce monde inconnu qui m’entoure (et accessoirement vivre une expérience et sortir de ma zone de confort). Pour le coup, je sens déjà loin ma zone de confort, pourtant je n’ai pas encore quitté le sol français. De l’appréhension ? C’est certain. Du stress ? Deux fois plus sûr. Des regrets ? Zéro. De l’excitation ? Evidemment, mais pour l’instant les remises en questions sont dans ma tête (« Mais quelle idée j’ai eu là de vouloir partir en Afrique ??? La zone de confort, on y est bien quand même ? »).

Bref… J’entame là mon épopée en terres béninoises en espérant que vous pourrez ressentir mes expériences à venir. Je pensais vous en parler en mode découverte du pays comme un guide touristique pourrait le présenter, mais visiblement la forme ‘journal intime’ semble s’imposer d’elle-même… Enfin… Intime, intime, faut pas pousser non plus, je sais que mes amis, ma famille et mes anciens collègues pourraient passer par là alors… (coucou à eux !).

Alors voilà, je pars au Bénin. Oui, je l’ai déjà écrit, mais je tente de réaliser ce qu’il m’arrive. Je pars en Afrique. Moi qui, il y a encore quelques mois, ne souhaitais absolument pas aller sur ce continent (l’Italie, c’est bien aussi, non ? Moins dépaysant vous dites ?). Voilà que je suis passionnée et curieuse de tout ce qui se rapporte à l’Afrique (il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis dit-on…).

Je ne connais pas le Bénin. Enfin maintenant un peu, je découvre des contes et légendes, je tente d’apprendre à connaitre les cultures de ce pays dans des livres, sur des sites, par le biais de ma famille qui s’y est déjà rendue. Je découvre aussi le Bénin par les préparatifs au voyage : ses moustiques dotés du paludisme, son soleil imposant casquette et crème solaire à n’importe quelle époque de l’année, ses shorts, mais aussi ses pantalons légers (toujours ces saletés de moustiques !), ses vaccins… Ok, c’est pas joyeux le paysage que je dépeins du Bénin… Mais finalement je prépare aussi : un second été qui remplace l’hiver trop froid ou trop peu enneigé de Bretagne (pas du tout enneigé en fait…), les bienfaits d’une peau hâlée (beaucoup rigoleront en me connaissant puisque je risque davantage d’être écrevisse que bronzée…), les souvenirs et les photos que je garderai et regarderai constamment, les rencontres à venir qui seront très certainement enrichissantes, le partage et la culture de la différence… Je prépare tout ce qui fait que le monde est beau et qu’il mérite d’être partagé et vécu ensemble.

Voilà, je pars au Bénin pour toutes ces raisons. Pour avoir un esprit ouvert à tout un monde que je ne connais pas encore (non mais le vaudouisme les gars !), pour me prouver que je peux sortir de ma zone de confort et m’y complaire, pour ne pas avoir de regrets en me disant « j’aurai peut-être dû découvrir le monde tant que je le pouvais ? », « est-ce que je n’aurai pas dû découvrir autre chose que ce que je connais déjà ? », pour partager une expérience extraordinaire, pour partager cette expérience avec les personnes qui me sont chères, pour apprendre de l’autre, pour bien d’autres choses dont je n’ai certainement pas encore conscience.

Voilà, je pars au Bénin pour deux mois. Pour exercer ma passion dans un lieu qui m’est inconnu, mais que j’aime déjà.

Suivez-moi…

Rhinocéros de Eugène Ionesco

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RÉSUMÉ : « Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat. » Tout langage stéréotypé devient aberrant. C’est ce que Ionesco démontre dans Rhinocéros, pièce qui a tout d’abord vu le jour sous la forme d’une nouvelle. Partisan d’un théâtre total, il porte l’absurde à son paroxysme en l’incarnant matériellement.

Allégorie des idéologies de masse, le rhinocéros, cruel et dévastateur, ne se déplace qu’en groupe et gagne du terrain à une vitesse vertigineuse. Seul et sans trop savoir pourquoi, Bérenger résiste à la mutation. Il résiste pour notre plus grande délectation, car sa lutte désespérée donne lieu à des caricatures savoureuses, à des variations de tons et de genres audacieuses et anticonformistes. La sclérose intellectuelle, l’incommunicabilité et la perversion du langage engendrent des situations tellement tragiques qu’elles en deviennent comiques, tellement grotesques qu’elles ne peuvent être que dramatiques.

C’est une très bonne redécouverte du style de l’auteur que m’a permis cette pièce de théâtre. Comme dans la Cantatrice chauve, nous découvrons un univers complet, particulièrement décrit par Eugène Ionesco dans le cas présent : le cadre et contexte des différentes scènes sont très précis, ce qui m’a permis d’entrer pleinement dans cette pièce de théâtre. La visualisation est superbe ! Ça m’a grandement donné envie de voir cette pièce sur scène… !

Le côté absurde m’a par ailleurs plu, c’est ce style qui semble caractériser et animer l’auteur. Les quelques petites notes à la fin de l’édition m’ont par ailleurs éclairée sur la volonté de l’auteur, puisque par la représentation du rhinocéros l’idée était de symboliser le totalitarisme (je n’aurai jamais trouvé ça toute seule haha et come je n’ai pas lu le résumé en amont de la lecture…).

Une bonne lecture en somme, rapide.

Le chasseur de rêves, tome 1 : Gare au Bétopotame ! de Martin Desbat

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RÉSUMÉ : Aux confins des rêves vivent toutes sortes d’animaux aussi fabuleux qu’imaginaires : le bétopotame, la chaizelle ou le poëléphant… Pour le Chasseur et son fidèle Sancho, il suffit de s’endormir et crac, la traque commence… comme autant de portes ouvertes sur l’absurde. Chasseur de rêves, c’est un tandem de doux rêveurs, qui ne manqueront pas de surprendre, et de ravir les jeunes lecteurs !

Voilà une jolie petite bande-dessinée qui amène aux rêves de chasse les plus farfelus. L’univers de Martin Desbat est graphiquement très joli tandis que les références (littéraires) qui sont proposées rendent l’histoire encore plus folle. J’ai apprécié découvrir ce premier tome avec des personnages à la fois simples et déjantés. Une bonne lecture !

E-Den, tome 2 : La traque de Élodie Tirel

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RÉSUMÉ : En l’an 2260, alors qu’É-Den et ses amis coulent des jours paisibles au clan des cascades, Niyol fait à l’adolescente une incroyable révélation. Elle lui apprend que son père a passé un an dans leur tribu et qu’il est reparti avec un marchand ambulant. Or il se trouve que le camion doit repasser dans la région d’ici quelque temps. Pleine d’un espoir qu’elle croyait perdu, É-Den décide de quitter la vallée d’Havasupai ; aussitôt Siméon, Snoop se joignent à elle. Les intrépides voyageurs découvriront bientôt que la route est un monde impitoyable où rôdent des dangers insoupçonnés.

Quant aux villes, elles sont plus périlleuses encore et abritent des êtres sans pitié, prêts à tout pour accomplir leurs sombres desseins. Mais une autre menace plane sur É-Den car Kate (la mère d’E-den) est bien décidée à traquer sa fille jusqu’au bout, pour lui faire payer sa trahison…

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui avec un tome 2 (sans vous avoir parlé du premier au préalable, mea culpa…). Il s’agit du tome 2 de la trilogie E-Den d’Elodie Tirel, que j’ai eu le plaisir de rencontrer au festival Étonnants voyageurs de Saint-Malo en 2015 si je ne dis pas de bêtises ! Et c’est donc à partir de là que j’ai fait la découverte d’E-Den et de ses amis…

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Ça m’inspire #2

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Voilà bien un exercice compliqué que de trouver une chanson coup de cœur en lien avec cette citation de Coluche, mais il me semble que les premières paroles peuvent ironiquement bien se rapprocher : « Bienvenue à la planète – Bienvenue à l’existence », mais quelle existence ? Celle où nous n’avons pas toute notre liberté ni l’espoir que l’on se préoccupe de nous ? Je n’entrerai pas plus dans ce sujet politique, mais c’est une citation qui me plaît beaucoup puisqu’elle reflète totalement ma pensée.

Et cette musique.. ! Entendue notamment dans Le temps d’un automne, film qui m’arrache toujours quelques larmes…