Come with me… au Bénin #5

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Voilà une semaine maintenant que j’ai atterris. Enfin… Voilà un bien grand mot que de dire que j’ai atterris en France, car en réalité j’ai encore la tête en Afrique – au Bénin – à l’heure qu’il est. Physiquement je suis bien de retour en France, je reprends ma vie tranquillement, je reprends mes marques paisiblement. À côté de ça je vois les autres volontaires, services civiques, SVI encore sur place continuer leur vie là-bas, leur petit bout de chemin ; je suis déjà mélancolique en voyant leurs photos, leurs aventures. Une seule envie : y retourner. Partager encore tout ça avec eux, avec les béninois et béninoises que j’ai pu rencontrer durant ces sept semaines. En rencontrer d’autres, découvrir encore leur culture.

Pour le moment, le quotidien français reprend sereinement sa place. Mais petits détails changeants : une part de mon quotidien béninois prend place à ses côtés. Je me surprends à me nourrir différemment (bien mieux certainement?) depuis que je suis revenue : je suis indéniablement attirée par les fruits exotiques – ananas, mangues, papayes, etc. Seront-ils aussi bons que là-bas ? J’en doute. En mangerai-je quand même ? Certainement ! J’ai envie de conserver toutes ces petites choses qui ont rendu ce voyage grandiose : fruits, légumes, une chose à la fois (ou presque), solidarité, sociabilité, méditation, potager, et j’en passe.

J’espère pouvoir découvrir à nouveau ce pays merveilleux qu’est le Bénin. J’aimerai aussi découvrir tant d’autres pays avec leur culture respective, ses habitants, ses coutumes, son climat.

Peu de semaines avant mon départ, l’un de mes cousins ayant beaucoup voyagé m’avait dit (pas forcément dans ses termes, je m’en excuse…) : « tu verras, quand tu voyages au départ tout est dans ta tête, puis à un moment donné tout est dans ton cœur ». Il y a 7 jours précisément, j’ai littéralement compris la signification « Tête au Cœur » dont il me parlait. Non seulement quand dans ma tête j’ai compris que j’aimais le Bénin, j’ai littéralement pris un coup au cœur.

Alors voilà. Je suis désormais éprise de voyages, de découverte de l’autre. J’espère éprouver encore souvent cette vibration de la tête au cœur et espère pouvoir encore le partager avec des gens aussi formidables que ceux que j’ai pu rencontrer au Bénin.

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Come with me… au Bénin #4

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L’expérience au Bénin se termine. Les deux mois sont passés à une vitesse incroyable ; je ne me suis même pas sûre d’avoir encore réalisé où je suis et ce que j’ai dépassé.

Je me vois encore à l’aéroport à mon arrivée, avec mon sac et ma grosse valise, tout suintante de transpiration par ces 25°C supplémentaires par rapport à Paris ; à regarder autour de moi toutes ces personnes étrangères (mais pas autant que moi finalement !), à me répéter cette phrase inlassable « Ca y est, je suis au Bénin », alors même que je n’y crois toujours pas. Pas de pensées incroyables en arrivant et en découvrant le pays de nuit, j’observe seulement et je prends ce que l’on me donne, comme ça vient ? Ma première nuit sous moustiquaire et avec ventilateur me manquera aussi. Je fais mes premiers pas au sein des équipes françaises et béninoises déjà en place, avec précaution et sans précipitation, sans même me douter une seconde que l’attachement sera des plus forts.

Une semaine, puis deux… puis sept passent, comme si de rien n’était, comme si rien n’allait jamais se terminer. Des instants à la fois vivants et figés dans le temps. Des volontaires arrivent, d’autres repartent, beaucoup trop vite parfois, créant un vide immense autour de moi. Ces départs me rappellent avec tact et mélancolie que le mien approche, que tout à une fin, que l’expérience est éphémère. Les rencontres ne le sont pas, elles font partie de l’expérience et s’étendront je l’espère au-delà. Je suis nostalgique de ces rencontres interculturelles, de cette culture béninoise, de ces particularités qui constituent le pays et qui font de lui une rencontre à elle seule. Je suis nostalgique des amitiés et des liens créés à presque huit clos, que je suis déjà triste de quitter. L’attachement à ces personnes que j’ai côtoyé, avec qui j’ai ri et pleuré, avec qui j’ai expérimenté et partagé durant ces sept semaines ; cet attachement est si grand, si fort. Les dernières soirées sont le temps des petits mots doux et des pensées positives sur l’expérience vécue ; alors même que je ne suis pas encore partie, je ressens l’impact émotionnel et affectif de tout ça. Des personnes si riches d’expériences, qui partagent les mêmes valeurs et le même projet, ne peuvent pas ne pas laisser de traces dans cette expérience humaine.

J’aimerai renouveler l’expérience, au Bénin ou ailleurs. Ce pays si riche culturellement va me manquer, ses coutumes insensées, sa lenteur et sa temporalité particulières, ses personnages ses paysages fous, sa chaleur plus si étouffante que ça. Ses zems qui m’ont le plus permis de réfléchir malgré le brouhaha des moteurs et qui m’ont fait réaliser quelques heures durant l’expérience vécue.

J’espère avoir tout au moins apporté de ma personne et de ma personnalité, tout autant que ce que j’ai pu recevoir. Reste plus qu’à prendre le meilleur de cette culture afin de l’apposer à ma vie personnelle.

En attente d’un nouveau voyage aussi enrichissant, et pourquoi pas, finalement, d’un choc culturel en rentrant ?

 

Come with me… au Bénin #3

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Je me plains… des mouches qui s’efforcent de passer juste à côté de mes oreilles dès que je passe dans le potager… des vagues de l’océan, qui ne me permettent pas de nager comme bon me semble sans risque de noyade… des moustiques sans égard qui me bouffent et me rebouffent quelques soit le temps, l’heure et mon occupation… de ces fourmis qui nous snobent au-dessus de l’évier, sur mon pain, sur tout ce qui leur paraît comestible et à leur portée… de cette chaleur incessante malgré une saison hivernale… de ces fichues climatisation dans les voitures et restaurants, qui me rendent malade et qui me donne la voix rauque… de cette moustiquaire qui une fois durement bordée doit être aussitôt défaite puisque l’eau de survie nocturne a été oubliée ou qu’une bestiole s’est faufilé à l’intérieur… de ces pluies en pleine saison sèche, qui donnent le loisir aux serpents de sortir de leur cachette… de ce filet de transpiration qui me recouvre le corps, à tout moment du jour ou de la nuit, peu importe les douches froides prises… de ces négociations incessantes pour des bouchées de pain… de ces banques qui ne me refilent jamais mon argent… de cette monnaie toujours nécessaire mais qu’il est impossible d’avoir… de ces « Yovo (« celui qui vient de la mer » = étranger), Yovo, bonsoir ! » incessants qui me rappelle que je suis étrangère, malgré les semaines passées à me promener dans le village… de cette nécessité de toujours devoir préciser « sans piment ! » ou « ce n’est pas trop épicé j’espère ? » lors des repas en dehors du Centre… de cette lenteur béninoise lors de réalisations de toutes tâches, jusqu’à attendre plusieurs heures avant de recevoir un plat… de la violence béninoise, envers eux-mêmes, entre enfants… d’être considérée comme un portefeuille du seul fait d’être occidentale…

Je me plais… à rencontrer et échanger avec les locaux… à ne pas toujours comprendre leur langue (le fon) mais essayer d’apprendre quelques mots… à être blanche, Yovo, parmi une population noire ; à être différente et à attiser la curiosité… à surprendre le sourire béninois à l’instant où je leur souhaite le bonsoir… à voir l’évolution des enfants de l’école du Centre, à observer leur changement de comportement à force de vivre auprès d’eux, leurs sourires, leurs rires, même timides… à dire « bonsoir » dès midi comme il en est de coutume, et de ne plus faire fi d’une luminosité incertaine en fin de journée… à photographier la lune et le soleil, dissimulés derrière les palmiers, les bananiers, les cocotiers… à lire une biographie d’un africain et d’en comprendre sa culture au cœur même de l’Afrique… à me baigner dans des eaux plus ou moins calmes, pas forcément faciles à dénicher mais tellement rafraichissantes… à (re)découvrir une nourriture saine, sans aucun préjugés, pour repartir avec une alimentation nouvelle et meilleure… à être demandée en mariage suite à 10 minutes de conversation avec un béninois, pour la simple raison que je suis blanche… à observer geckos et margouillats à longueur de journée, sur les murs et à l’intérieur de la maison… à constater une grande harmonie entre religions au sein d’un même pays… à profiter de la sieste et de la pause entre midi et 15h… à me sentir libre sur ce zem (taxi-moto), prêt à m’emmener partout, sans contraintes légales et sécuritaires… à vivre à une temporalité béninoise, laissant le temps d’avoir des journées complètes et remplies, sans pour autant trouver les journées longues, tandis que les semaines passent à une vitesse impressionnante… à profiter de chaque instant, de chaque chose, en effectuant une tâche après l’autre… à observer pendant des heures un paysage paradisiaque, même après une nuit parfaitement blanche… à écrire sur ce qui me plais et le déplais au Bénin.

Come with me… au Bénin #2

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Et voilà, je suis au Bénin. A Agonsoudja plus précisément, petit village au sud du pays, à environ une heure à l’ouest de Cotonou, capitale économique. Est-ce que je réalise vraiment ? Je ne le saurai probablement jamais, à part peut-être quand je serai de retour en France… ? Bizarrement, je ne crois pas vivre ce qu’on appelle le « choc culturel ». Généralement, lorsque nous allons dans un pays étranger – qui plus est totalement différent culturellement – nous passons par trois étapes :

  1. Dans un premier temps tout nous émerveille, tout semble ‘magique’ et incroyable – bien mieux que chez nous… Ne dit-on pas que l’herbe est toujours plus verte ailleurs?
  2. La seconde étape nous fait généralement retrouver les pieds sur terre : l’énervement face aux pratiques et à l’environnement, la culture, différentes de celles que nous connaissons nous agace. Il y a une sorte de frustration qui se créé face à ce changement que nous vivons.
  3. Enfin, deux voix s’ouvrent à nous : soit nous faisons avec ces différences, nous parvenons à relativiser et à prendre le rythme qui nous est demandé. Soit à l’inverse nous ne supportons pas ces changements et ce choc culturel, alors il ne nous reste plus qu’à rentrer chez nous et à subir.

Globalement (et très brièvement), voilà en quoi consiste le choc culturel. Mais voilà… Comme j’aime faire les choses comme les autres, je n’ai pas le sentiment de passer par cette première étape de fascination, ni même à la seconde car je n’éprouve pas de rejet de cette culture si différente de celle que je connais et côtoie chaque jour. C’est un sentiment particulier et dérangeant car il pourrait donner l’impression que je n’éprouve aucun intérêt pour ce pays ni même pour l’expérience que je vais vivre pendant deux mois, et pourtant ce n’est pas le cas. Je n’ai aucun regret d’avoir passé ce cap, d’avoir repoussé mes limites. Je suis contente d’être dans ce petit village où la population est très accueillante et chaleureuse (sans mauvais jeu de mots au vu des températures ‘hivernales’ tournant autour des 30°C à chaque moment de la journée…). Les sourires et les rires des enfants que j’ai pu croiser et avec qui j’ai pu jouer sont tout bonnement incroyables et me confortent dans l’idée qu’être ici m’est essentiel. La simplicité des personnes qui m’entourent m’apprend à vivre aussi simplement. Etonnamment le niveau de vie qui m’est imposé (encore qu’il n’est pas aussi déplorable que ce que l’on pourrait croire, je suis vraiment très bien lotie !) ne me dérange en rien. Là où j’aurai été probablement frustrée et énervée d’avoir une coupure d’électricité ou de ne pouvoir me laver autrement que dans une bassine, ici ces conditions m’apparaissent comme logiques et simples. Je ne pensais pas avoir une tolérance aussi grande en pensant à ce changement de vie plutôt radical, et pourtant…

L’acclimatation au pays (son climat, sa culture) se fait plutôt bien, tranquillement. Cependant pour que l’expérience en vaille vraiment la peine, je sens que je dois me dépasser un peu plus et sortir davantage de ma zone de confort, prendre de l’autonomie. Une semaine ici est peut-être un peu juste, mais c’est un objectif que je me lance sans quoi j’aurai la sensation de ne pas avoir vécu la chose à 100%.

Oh ! Peut-être êtes-vous intéressés de savoir ce que je fais ici ? A part toutes les raisons qui m’ont poussé à me lancer bien sûr… Eh bien le Centre Damien de Molokaï, où je me trouve actuellement, vient d’ouvrir une bibliothèque jeunesse. Et comme le métier de bibliothécaire est l’une de mes passions…. Je vais pouvoir aider le Centre à développer cette bibliothèque durant mon séjour. Bon… Promis la prochaine je vous parle plus en détails de l’incroyable projet de ce Centre, de ses objectifs et de tout ce dont il est constitué !

A plus…

Come with me… au Bénin #1

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Et voilà, je suis à Paris et dans moins de 24 heures, je serai au Bénin. Rien que ça. Après tout, je ne serai pas la première à fouler le sol africain, afin de braver ce monde inconnu qui m’entoure (et accessoirement vivre une expérience et sortir de ma zone de confort). Pour le coup, je sens déjà loin ma zone de confort, pourtant je n’ai pas encore quitté le sol français. De l’appréhension ? C’est certain. Du stress ? Deux fois plus sûr. Des regrets ? Zéro. De l’excitation ? Evidemment, mais pour l’instant les remises en questions sont dans ma tête (« Mais quelle idée j’ai eu là de vouloir partir en Afrique ??? La zone de confort, on y est bien quand même ? »).

Bref… J’entame là mon épopée en terres béninoises en espérant que vous pourrez ressentir mes expériences à venir. Je pensais vous en parler en mode découverte du pays comme un guide touristique pourrait le présenter, mais visiblement la forme ‘journal intime’ semble s’imposer d’elle-même… Enfin… Intime, intime, faut pas pousser non plus, je sais que mes amis, ma famille et mes anciens collègues pourraient passer par là alors… (coucou à eux !).

Alors voilà, je pars au Bénin. Oui, je l’ai déjà écrit, mais je tente de réaliser ce qu’il m’arrive. Je pars en Afrique. Moi qui, il y a encore quelques mois, ne souhaitais absolument pas aller sur ce continent (l’Italie, c’est bien aussi, non ? Moins dépaysant vous dites ?). Voilà que je suis passionnée et curieuse de tout ce qui se rapporte à l’Afrique (il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis dit-on…).

Je ne connais pas le Bénin. Enfin maintenant un peu, je découvre des contes et légendes, je tente d’apprendre à connaitre les cultures de ce pays dans des livres, sur des sites, par le biais de ma famille qui s’y est déjà rendue. Je découvre aussi le Bénin par les préparatifs au voyage : ses moustiques dotés du paludisme, son soleil imposant casquette et crème solaire à n’importe quelle époque de l’année, ses shorts, mais aussi ses pantalons légers (toujours ces saletés de moustiques !), ses vaccins… Ok, c’est pas joyeux le paysage que je dépeins du Bénin… Mais finalement je prépare aussi : un second été qui remplace l’hiver trop froid ou trop peu enneigé de Bretagne (pas du tout enneigé en fait…), les bienfaits d’une peau hâlée (beaucoup rigoleront en me connaissant puisque je risque davantage d’être écrevisse que bronzée…), les souvenirs et les photos que je garderai et regarderai constamment, les rencontres à venir qui seront très certainement enrichissantes, le partage et la culture de la différence… Je prépare tout ce qui fait que le monde est beau et qu’il mérite d’être partagé et vécu ensemble.

Voilà, je pars au Bénin pour toutes ces raisons. Pour avoir un esprit ouvert à tout un monde que je ne connais pas encore (non mais le vaudouisme les gars !), pour me prouver que je peux sortir de ma zone de confort et m’y complaire, pour ne pas avoir de regrets en me disant « j’aurai peut-être dû découvrir le monde tant que je le pouvais ? », « est-ce que je n’aurai pas dû découvrir autre chose que ce que je connais déjà ? », pour partager une expérience extraordinaire, pour partager cette expérience avec les personnes qui me sont chères, pour apprendre de l’autre, pour bien d’autres choses dont je n’ai certainement pas encore conscience.

Voilà, je pars au Bénin pour deux mois. Pour exercer ma passion dans un lieu qui m’est inconnu, mais que j’aime déjà.

Suivez-moi…

Come with me… en Valais #1

... en Valais #1 1

Nouvelle envie, nouvelle catégorie ! Sous forme de vlog écrit, j’ai très envie de vous emmener avec moi dans des coins plus ou moins exotiques. Paris, Paris, Paris ! est plus ou moins l’article précurseur de ma nouvelle rubrique « Come with me… » qui indique plutôt bien de ce dont il s’agit. Pour ce premier/second volet, je vous emmène avec moi dans ma seconde région d’origine, en Suisse : le Valais. Enjoy !

... en Valais #1 2

Sous les couleurs automnales et le soleil estival (oui, oui, les deux à la fois!), j’ai pu découvrir avec gourmandise un plat typique du coin et de la saison : la brisolée. Châtaignes, raisin, fromages et charcuterie de la région invitent à souper avec délices de nombreuses saveurs automnales. C’est avec immense plaisir des yeux et de l’estomac que j’ai pu goûter à ce plat traditionnel de la fête de la châtaigne, très prisée dans la région. Le met est d’autant plus délicieux qu’il s’inscrit parfaitement dans le paysage montagneux et frais de l’automne.

... en Valais #1 3

Petite mention spéciale pour le moût, jus de raisin fraîchement vendangé. Une pure gourmandise qu’il me tarde de goûter à nouveau entre septembre et mi-octobre !