Maryland réalisé par Alice Winoucour

Maryland

RÉSUMÉ : Le film est présenté à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2015.

De retour d’Afghanistan, Vincent, victime de troubles de stress post-traumatique, est chargé d’assurer la sécurité de Jessie, la femme d’un riche homme d’affaires libanais, dans sa propriété « Maryland ».Tandis qu’il éprouve une étrange fascination pour la femme qu’il doit protéger, Vincent est sujet à des angoisses et des hallucinations. Malgré le calme apparent qui règne sur « Maryland », Vincent perçoit une menace extérieure…


Bonjour à tous ! Voici aujourd’hui, et comme chaque premier jour du mois, mon Extravagances. Cette fois-ci, le thème était « Un film avec pour actrice Diane Kruger ». Sans plus attendre, voici le film que j’ai choisi : Maryland.

Un style qui ne me correspond pas forcément

Sans vous mentir – et ce ne serait pas le but de tout manière – je ne suis pas très fan de ce style de film, un peu lent, où l’on peine un peu à savoir où l’on veut en venir. Je nommerai ce style « cannois », même si bien évidemment je ne pense pense pas que le festival de Cannes ait son genre tout à fait spécifique. Mais pour le coup on sent bien qu’il s’agit d’une réalisation très bien menée par Alice Winocour, qui ne cherche pas une suite successive d’actions sans fin, qui prônerait le ‘genre’ blockbuster (je crois que j’ai envie d’assigner des styles aujourd’hui, pardonnez-moi…). En tous les cas, je ne peux enlever à Maryland qu’il est extrêmement bien filmé ! Je m’attendais seulement, au vu du synopsis, à quelque chose de bien différent, d’un peu plus rapide, notamment dans la phase dramatique (et pourtant, elle est très bien ressentie par la réalisation). Finalement, je pense que je ne m’attendais pas à un film aussi policier dans le genre du thriller, mais davantage à l’observation et surtout au ressenti des personnages principaux ; je m’attendais à découvrir leurs sentiments les plus cachés et à être touchée au plus profond de moi. Finalement c’est un semblant d’enquête qui est mené, et ce n’est pas forcément ma tasse de thé.

Une réalisation incroyable

Malgré tout, la réalisation est bien menée et arrive à installer les inquiétudes du personnage principal, Vincent – incarné par Matthias Schoenaerts. L’empathie pour le personnage et ses angoisses, ses doutes, sont non seulement marqués par le jeu de l’acteur, mais aussi beaucoup par le jeu de caméra que nous propose la réalisatrice. Je me suis finalement très bien acclimatée des plans sur les caméras de surveillance comme sur les ralentis qui sont montés durant le film, qui suggèrent toute la tension que ressentent les personnages. J’ai particulièrement appréciés certaines séquences qui augmentent légèrement la pression et qui insistent sur la présence et l’inquiétude du garde du corps Vincent, notamment par un jeu de raccord regard (je ressors mes quelques cours cinématographique visiblement..!) présent entre le personnage, les différents rétroviseurs et la lunette arrière de la voiture, sans en oublier les passagers inquiets. De la même manière, les musiques et sons nous incitent à ressentir des émotions identiques à Vincent. L’environnement sonore est par ailleurs un élément clé du film, puisqu’il installe par moments l’inquiétude, à d’autres l’oublie total d’une menace, jusqu’à nous surprendre au moment où les personnages et nous-même nous y attendons le moins.

Après un début un peu mitigé pour moi, j’ai appris à apprécier un film assez lent mais qui recèle une performance cinématographique. De part la manière de filmer, les bruitages, les musiques, et les acteurs, il nous est possible de ressentir une certaine tension, sans forcément en comprendre le dénouement. C’est une bonne découverte pour moi.

Les Adieux à la reine : le film réalisé par Benoît Jacquot & le roman de Chantal Thomas

Le film

Les Adieux à la reine

RÉSUMÉ : En 1789, à l’aube de la Révolution, Versailles continue de vivre dans l’insouciance et la désinvolture, loin du tumulte qui gronde à Paris. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive à la Cour, le château se vide, nobles et serviteurs s’enfuient… Mais Sidonie Laborde, jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine, ne veut pas croire les bruits qu’elle entend. Protégée par Marie-Antoinette, rien ne peut lui arriver. Elle ignore que ce sont les trois derniers jours qu’elle vit à ses côtés.


Je ne parviens pas à me souvenir la première fois que j’ai vu ce film, mais une chose est sûre, même après l’avoir vu une troisième fois, je suis toujours aussi perplexe. J’ai beaucoup de mal à l’apprécier tant je reste sur ma fin à chaque coup. Vous me direz, mais dans ce cas pourquoi t’évertues-tu à le revoir ? Eh bien c’est pour vous en parler le mieux possible mes très chers !

Un penchant fortement négatif

Voyez, tellement je reste incertaine, je ne parviens pas à organiser mes pensées vis-à-vis de ce film, soit dit en passant, adapté du roman éponyme de Chantal Thomas, dont je parlerai plus loin. Étant donné que mon avis risque de pencher davantage en négatif, je vais commencer par là et finir par une touche plus positive, car il n’y a pas que des défauts tout de même. C’est assez frustrant car on voit les efforts faits pour que l’on s’attache aux personnages, notamment celui de Sidonie, lectrice et grande dévouée de la Reine Marie-Antoinette. Pourtant je ne suis pas parvenue à compatir à sa situation ni même à celle de tous les occupants de Versailles, qui sont en pleine crise de panique de trois jours durant – pour ceux dont la tête n’a bien évidemment pas encore été coupée… J’ai bien ressenti l’atmosphère critique que le réalisateur a voulu faire passer, notamment avec les musiques, mais malheureusement ces dernières n’ont pas été à la hauteur de la panique des aristocrates, valets et dames de chambre. En plus de ça on ne comprend pas instantanément ce qui les mets dans cet état, la Prise de la Bastille bien évidemment, mais leurs états d’esprits ne sont pas assez développés pour faire passer leurs émotions. L’évolution de l’histoire, quant à elle, n’est je trouve pas assez progressive, on passe d’un plan à l’autre avec la sensation de rater des éléments essentiels des événements. Dernier point négatif, comme je le disais plus haut, il s’agit de la fin. À chaque coup je ne peux m’empêcher de me poser des questions sur l’avenir de Sidonie : est-elle ne serait-ce qu’encore vivante ? J’ai pu avoir ma réponse dans le roman de Chantal Thomas, et bien heureusement car finalement ce n’est peut-être que le seul élément pour lequel j’éprouvais un intérêt à commencer la lecture de l’ouvrage.

Tout n’est pas noir

Les points positifs maintenant, qui sont moins nombreux, faisant pencher la balance du mauvais côté pour le film. Malgré le fait que les personnages ne m’ont pas transcendé, j’ai tout de même eu un léger attachement à Sidonie à la fin du film, tant sa dévotion est grande pour Marie-Antoinette. Le personnage de la Reine est je trouve plutôt bien interprété par Diane Kruger. On ressent pour le coup la lente progression vers les abysses de la Reine, perdant petit à petit l’espoir et les personnes qu’elle chérie. Enfin j’ai trouvé très intéressant le sujet de la Révolution à la suite de la Prise de la Bastille, en plein cœur du château de Versailles.


Le roman

Les Adieux à la reine

RÉSUMÉ : 1810. Vienne est une ville ruinée et humiliée par le passage et la victoire de Napoléon. Agathe, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient des derniers jours de la reine à Versailles après la prise de la Bastille, et particulièrement de ce jour où la famille royale s’est enfuie. Avec une écriture fébrile et minutieuse, elle restitue le faste de la Cour, savamment orchestré par cette reine si controversée.


Le roman à privilégier par rapport au film

J’ai bien plus apprécié de lire le roman de Chantal Thomas que de voir son adaptation filmique. C’est déjà un bon point, même si ce n’était pas gagné ! J’ai eu un peu de mal au début, de peur si je puis dire de trop me référer aux personnages et acteurs du film. Finalement j’ai bien aimé en apprendre davantage sur cette lectrice de la Reine ainsi que sur les inquiétudes des résidents de Versailles. Celles-ci sont bien plus développées et suivies tout au long de ces trois jours d’incertitudes. J’ai éprouvé plus d’attachement pour le personnage principal qui nous raconte son vécu – c’est dès le départ que j’ai pu savoir ce qu’il était advenu de Sidonie (Agathe dans le roman), et je suis rassurée par l’avenir choisi par l’auteur ! On suit son personnage de bout à bout, à la pêche aux informations, aux angoisses qu’elle éprouve pour sa reine, à l’écroulement de la vie du château de Versailles.

En conclusion ce roman m’a permis d’imaginer la panique et les angoisses des personnes hautes placées pendant la Révolution française et d’en apprendre d’ailleurs davantage sur la Révolution elle-même – toujours une quiche en histoire… Mieux vaut privilégier le roman au film !