My old lady réalisé par Israel Horovitz

My old lady

RÉSUMÉ : Mathias, quinquagénaire new-yorkais, arrive à Paris pour vendre l’appartement que lui a légué son père. Il découvre que cette belle demeure est habitée par une vieille dame, Mathilde, qui vit en compagnie de sa fille Chloe. Il apprend bientôt que Mathilde et son père furent amants.

Bonjour à tous ! Je vous retrouve enfin avec un article. Puisque même si je ne suis plus très présente du fait du rendu imminent de mon mémoire de master, je tiens au moins à publier mon article des Extravagances à l’heure ! Par conséquent, voici mon avis sur My old lady afin de répondre au thème du mois de mai : « Un film avec Kristin Scott Thomas en actrice ». Pour ne rien vous cacher, et peut-être que vous l’avez déjà vu sur ma page facebook, j’ai beaucoup de mal avec cette actrice. Vue dans Elle s’appelait Sarah où je l’ai détestée, à contrario du personnage du roman (dont j’ai déjà parlé) que j’ai adoré. Je l’ai également vue dans Il y a longtemps que je t’aime, que l’on m’avait conseillé. J’ai davantage apprécié son rôle d’actrice, mais mon avis est resté mitigé. Quand on voit sa longue liste de rôles, je ne peux que remettre en question mes goûts (peut-être n’ai-je pas vus les bons films?). Voyons avec ce personnage qu’elle a incarné dans My old lady. J’ai d’ailleurs longuement hésité entre trois films, mais la présence de Maggie Smith, que j’aime beaucoup, a fini de me convaincre.

Un doublage français décevant

Je n’ai pas réussi à mettre la main sur la version originale (à moins qu’il n’existe qu’en français?). Par conséquent j’ai été très frustrée, d’autant que je voulais découvrir (enfin) Kristin Scott Thomas dans son registre natal. Mais finalement, ce qui m’a le plus déplu quant aux voix s’est avéré être celle du personnage masculin principal, incarné par Kevin Kline. Le doublage était tout bonnement foireux, en désaccord total avec le caractère du personnage. Les voix données ont rendu difficile mon appréciation première du film.

Une musique clichée mais appréciable

J’ai par ailleurs beaucoup apprécié les musiques du film. Très « françaises » afin de coller au stéréotype musical parisien (vu par les étrangers, évidemment nous écoutons quand même peu de l’accordéon à longueur de journée!). Quoi qu’il en soit le film présente une jolie bande-son qui ajoutent de la beauté aux images capturées de notre belle Capitale.

Des personnages attachants

J’ai été pour le moins décontenancée vis-à-vis d’un personnage, certes secondaire, mais qui me donnait l’impression d’un mauvais acteur. Il s’agit de l’agent immobilier par Dominique Pinon. La manière d’être du personnage ne m’a pas plu et me semblait complètement hors contexte, dans une pièce de théâtre peut-être, avec une accentuation trop forcée des traits de caractère ? Au cours du film, j’ai quand même quelque peu réussi à cerner le personnage, qui finalement fait partie intégrante de l’histoire et dont la personnalité colle plutôt bien.

Le personnage de Mathilde, quant à lui incarné par notre ‘sorcière’ Maggie Smith, est très attachant. On y découvre une nonagénère à la personnalité et au vécu complexe. Pleine d’humour, elle fait également preuve de beaucoup d’ironie et est ballottée entre ses illusions et la réalité. Émouvante dans son rôle de femme et de mère aimante, Mathilde nous émeut à chaque moment, que nous soyons d’accord ou pas avec ses opinions. Elle nous dépeint d’une certaine manière la vieille époque où elle a vécut, dans toute sa complexité, notamment en matière de mariages.

J’ai été par ailleurs très surprise par Kristin Scott Thomas, qui a rapidement su me convaincre par son rôle très attachant. Peut-être est-ce dû à sa personnalité modeste, à la recherche d’une stabilité affective, en terme de famille comme d’amour. En ayant tout le poids familial sur ses épaules (secrets, mère bercée d’illusions), le rôle de Chloé se révèle très énigmatique, notamment dans sa relation avec Mathilde (sa mère).

Le personnage masculin, Mathias, va quant à lui remonter dans mon estime vers la moitié du film. Au départ exécrable, sans cœur, et, je le redis, sans doublure qui se respecte, on s’attache petit à petit au personnage, au moment des révélations familiales. Finalement, on prend conscience de ses faiblesses au moment où lui-même s’en rend compte. En perpétuel conflit avec son père – pourtant décédé – on va pouvoir découvrir passé fait de souffrances et de complexité.

Nous sommes mêlés dans cette histoire entre deux images paternelles et maritales, entre deux relations mère/fille et père/fils qui au premier abord paraissent des plus éloignées, alors que finalement se cachent beaucoup de similitudes. Les personnages vont se déchirer, se réconcilier, se détruire, jusqu’à un dénouement des secrets de famille. Beaucoup de rancœurs sont présentes dans cette histoire, mais aussi beaucoup d’espoirs. Je terminerai d’ailleurs par une jolie citation de Samuel Beckett que l’on retrouve dans le film :

« Si tu ne m’aimes pas, je ne serai jamais aimée » Samuel Beckett

Bel-Ami : le roman de Guy de Maupassant & le film réalisé par Nick Ormerod & Declan Donnellan

Le Roman

Bel-Ami

RÉSUMÉ : Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d’une rencontre le met sur la voie de l’ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l’intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l’initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu’il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu’il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l’ombre. La presse, la politique, la finance s’entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l’érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l’angoisse que chacun porte au fond de lui-même.


Un classique du genre, c’est la seconde fois que je lis ce livre. C’était au départ une lecture obligatoire à mes débuts au lycée, et comme toujours je n’avais aucunement envie de lire un livre de manière « forcée ». Malgré tout j’ai fini par terminer ce bouquin en temps et en heure, chose rare pour moi, je m’en souviens encore d’ailleurs ! J’ai décidé de le relire, par un choix indépendant cette fois-ci, et j’en suis bien contente.

Une évolution hiérarchique dans une société du XIXème

Ce livre se lit plutôt bien, ce n’est pas trop lourd, malgré quelques descriptions parfois longues. Je me suis rapidement replongée dans l’histoire qui me semble tout à fait intéressante afin de comprendre comment fonctionnait la hiérarchie dans la société du XIXème siècle. Le personnage principal, Georges Duroy – alias Bel-Ami – est très attachant. J’ai beaucoup aimé voir comment il évoluait dans ce monde de bourgeoisie dont il ne connaissait rien au départ. Il a vite su s’adapter, apprendre, et devient une menace de plus en plus grande pour les grands de ce monde. Grâce à ses relations – professionnelles et surtout sentimentales – Duroy mène tout le monde à la baguette, malgré quelques ratés. C’est un personnage qui rebondit toujours, rendant le récit plein de surprises. À la lecture de ce roman, on entre dans un autre univers où peu de véritable amour ne règne, dans un monde principalement manipulateur. On découvre également à travers ce roman la place importante de la femme dans l’ascension sociale des hommes. Ne dit-on d’ailleurs pas que derrière un homme se cache toujours une femme ? Ça me semble un bon résumé pour ce livre que j’ai beaucoup aimé, je dirai même que c’est un presque coup de cœur. Ce livre ne manque de presque rien pour devenir un véritable coup de cœur.


Le Film

Bel-Ami

RÉSUMÉ : À Paris, à la fin du XIXe siècle, Georges Duroy, jeune homme ambitieux, est déterminé à se hisser au sommet d’une société qui le fascine. Des mansardes miteuses aux salons les plus luxueux, usant de son charme et de son intelligence pour passer de la pauvreté à la richesse, il quitte les bras d’une prostituée pour ceux des femmes les plus influentes de la capitale. Dans un univers où la politique et les médias mènent une lutte d’influence acharnée, à une époque où le sexe est synonyme de pouvoir et la célébrité une obsession, Georges Duroy ne reculera devant rien pour réussir.


Concernant le film sorti en 2012, je suis très déçue du résultat. Quand j’avais entendu dire qu’un film sortirai avec comme acteur principal Robert Pattinson, j’avais hâte – à l’époque j’étais une très grande fan de Twilight et d’Edward Cullen alors forcément ! Mon engouement quant à l’attente du film s’est vite essoufflé et j’ai même appréhendé et retardé mon visionnage quand un Florian – toujours lui, on ne change pas une équipe qui gagne ! ;p – qui était en classe avec moi au moment où nous devions lire le roman – m’a donné un avis très négatif sur le film. J’ai tout de même été le voir et je suis maintenant d’avis de dire qu’il ne rend pas justice au livre.

Une déception

Tout d’abord je n’apprécie pas trop la manière dont sont joués les personnages, ils ne collent pas vraiment aux personnalités décrites dans le roman. Robert Pattinson, interprétant Georges Duroy, semble souffrir à longueur de temps. J’ai d’ailleurs eu la sensation de voir un Edward Cullen bis – qui convient dans Twilight mais à mon sens pas pour notre Bel-Ami – en plus ils ont oublié la moustache alors je ne vous raconte pas ma déception ! J’ai également été très déçue par les voix françaises, j’ai d’ailleurs rapidement voulu trouver une version originale, en vain. Là aussi, les intonations ne me semblent pas appropriées quant aux personnalités des personnages. Les quelques points positifs que je peux trouver sont que malgré tout la trame de l’histoire est plutôt logique et semblable à l’ouvrage de Maupassant et que j’ai beaucoup aimé le jeu d’actrice de Christina Ricci qui joue la maîtresse « principale » de Duroy, seul personnage qui pour moi respecte l’œuvre originale. Le deuxième point positif reste la bande-originale, qui est assez belle, composée par Rachel Portman. On peut également retrouver ses compositions dans le film Never let me go.

En somme, j’ai adoré le roman et détesté son adaptation filmique. Je ne pense pas que ce soit dû aux acteurs mais plus à la manière dont les réalisateurs ont fait la mise en scène. Du coup je conseille vivement le roman mais pas le film, ou en tout cas je ne vous conseille pas de lire le livre avant de voir le film.